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Daddy's Girl, Janet Inglis



Il y a ces livres que l’on referment, se demandant pourquoi, comment, par quel miracle quelqu’un les publia, et puis il y a ceux, au contraire, qui ne trouvent pas, ou plus, preneur. Ceux pour lesquels on se demande comment une pépite de cet ordre ne se trouve aujourd’hui plus dans les rayons de nos librairies. Âme puritaine, abstenez-vous. Daddy’s girl est choquant, brutal, tout simplement amoral.

Olivia est une adolescente de 14 ans, vivant de maison en maison. Celle de sa mère. Celle de son père. Comme de nombreux couples, les parents d’Olivia ont divorcé, lui laissant pour mort cette image idéale de famille parfaite. Ross, son père, a refait sa vie avec sa jeune compagne, Althea. Il reste à Olivia ce cocon, chez sa mère, Emma. Ces quatre murs qui lui donne l’illusion d’un monde rescapé. À deux. Jusqu’à l’arrivée du nouveau compagnon de celle-ci : Nick.

D’emblée, Olivia ne l’aime pas. Comment sa mère peut-elle s’être amourachée devant cet inculte vulgaire, traînant dans la maison son corps musclé, clope au bec, s’affalant sur le canapé, avant de se plonger dans les pages sportives du Sun, whisky à la main. La présence de Nick la débecte. Autant que sa vue provoque chez elle des sensations qu’elle ne saurait identifier... Jusqu’à ce que toute barrière morale vole en éclat.

Ce livre, où aucun des personnages ne se trouvent jamais réellement seul, est pourtant marqué d’une grande, terrible, et profonde solitude. Un besoin criant d’être aimé, reconnu, apprécié. Un manque qui arrive à un moment clé de l’existence pour Olivia : l’adolescence. Elle peine à trouver sa place. Dans la société où son corps de jeune femme plus que de jeune fille, ses formes délicates et ses seins imposants lui rappelle sans cesse la différence qui la marque des autres filles de son âge. Dans son foyer également, où père et mère refont leur vie, laissant au milieu cet être qui les relient pour toujours à ce mariage qu’ils préfèreraient oublier. Olivia se gorge d’amour, de tendresse, d’affection là où ils se manifestent. Tant amoral et illégal cette affection soit-elle. Elle vit, touche, aime.

La confusion des sentiments est terrible, face à cet homme qui la souille en même temps qu’il lui donne. Les schémas se brouillent, augmentant peu à peu le terrible malaise que l’on ressent. On connaît le caractère interdit, et pourtant, on la comprend quelque part. Cette adolescente dont chacun, ou presque, ne semble réellement se soucier. L’immoralité sert ici un texte d’une grande justesse psychologique. Absolument bouillant, il est tout ce qu’il y a d’incorrect. Les 500 pages se dévorent, attendant impatiemment le point final de ce récit riche, complexe, et nuancé.

À lire pour ceux qui cherchent des textes osés !

À offrir aux amateurs de l’œuvre de Vladimir Nabokov Lolita.


Daddy’s girl était publié aux éditions du Seuil, il vous est toujours possible de le retrouver dans les librairies d’occasion ou sur Internet (malheureusement).


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