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Lundi, c'est musée ! : 5




« Le cri », Edvard Munch, 1893.



« Je me promenais sur un sentier avec deux amis - le soleil se couchait - tout à coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtais, fatigué, et m’appuyai sur une clôture - il y avait du sang et des langues de feu au dessus des fjord bleu-noir de la ville - mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété - je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature ».


Ces quelques mots, écrits dans son journal, éclaire le célèbre « Cri » du peintre Edvard Munch. Ce visage fantomatique, effrayant et oppressant, est aujourd’hui une figure connue de tous. Très populaire, elle est régulièrement reprise et détournée dans notre culture moderne : affiche du film « Maman j’ai raté l’avion », masque dans Scary Movie, apparitions dans les Simpsons ; nombreux sont ceux qui « cri » à leur tour. Mais loin de vouloir simplement effrayer, Edvard Munch souhaitait avant tout nous partager une représentation du mal-être. Le sien.

Dès son plus jeune âge, Edvard fait la rencontre de ces deux compagnes qui ne le quitteront jamais : la maladie, et la mort. Dans son entourage, sa mère et l’une de ses sœurs en sont les premières victimes. Marquant le jeune homme. À jamais. Désormais, l’angoisse le suit. Le poursuit. La mort rôde, elle n’est jamais loin. Il s’en méfie. La fuit. Une douleur sourde, toujours présente, d’autant que la santé du peintre est fragile, tourmentée par ses vieux démons qu’il ne parvient à exorciser.


Ce jour là, alors qu’il se promène dans les fjords, il voit, il sent, il entend. Ce bruit. Ce ciel. Ce rouge qui l’envahit. Une hallucination ? Pas vraiment... D’après certains scientifiques, Edvard Munch aurait été témoin de l’éruption du volcan de Krakaboa situé non loin. Mais, le mal est fait. L’angoisse déjà présente. « Le cri » hurle au monde ce désespoir infini. Ce visage, inhumain, qui se bouche les oreilles pour ne plus écouter, pour se protéger, ne plus entendre l’insupportable. Tout est difforme. Le rouge du ciel, apocalyptique, comme un mauvais présage. Cette mer agitée, énervée, qui tape et frappe cette frêle rambarde de bois. Ici, rien n’est réaliste, le propos n’est pas là. Edvard Munch veut nous amener à ressentir l’angoisse, celle qui vous tord le ventre ; la peur, celle qui emballe votre cœur ; le vide, celui qui vous coupe le souffle face aux complexités immenses et infinies de l’existence.


Et vous, que vous évoque ce « cri » ?


😱☄️🌊

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