• Le Club Des Lecteurs

Tenir jusqu'à l'aube, Carole Fives

Mis à jour : 15 oct. 2018


L’aube est devenue une prison. L’aube l’étouffe, l’enferme dans ce semblant de vie dans laquelle elle essaye de garder la tête haute, hors de l’eau. Coûte que coûte, pour l’enfant, son fils. Alors bien sûr on le sait, avoir un enfant est un changement, un bouleversement, une tempête émotionnelle dont on n’imagine pas l’ampleur. Mais, ne peut-elle pas se faire aider ? Le faire garder, par de la famille, une voisine, une amie ? Elle ne connaît personne ici.. Dans cette ville qui l’aspire jour après jour. Et les crèches ? Il y en a pleins ! Mais il faudrait être prioritaire, avoir un emploi stable. Comment travailler justement si personne ne peut lui garder ? Les portes se ferment, les voix s’impatientent. Ne fait-elle pas d’effort bon sang ?! Le jugement, les regards. La justice des autres est impitoyable. Cette « solo » et son fils dérangent. Ils agacent, posent problème, se marginalisent loin des cases voulus de la société. Alors le soir, après avoir nettoyé, essuyé, lavé les traces de la petite vie qui grandit entre ses murs, elle sort. Quelques mètres au début. Puis une rue. Un pont. Elle s’échappe, retrouvant quelques heures de liberté, jusqu’à ce que l’alarme de son téléphone sonne. Son répit est terminé. L’enfant va se réveiller. L’aube se lever. Ces promenades sont dangereuses, elle le sait. Mais ce sont ses bouffées d’air. Elles deviennent indispensables, augmentent, se rallongent. Prennent de plus en plus de place. Jusqu’à quel point ? Récit d’un quotidien bien trop réaliste : celui d’une mère célibataire, une « solo » comme on les appelle. Le père est parti, fuyant ses responsabilités, désertant son foyer dont il lui laisse l’entière responsabilité. Peut-être reviendra t-il un jour ? Elle ne sait pas, lui laisse des messages, souvent sans réponse. Elle se bat à mains nues cette femme. Contre le quotidien, le destin tout tracé qui lui semble réservé.

Elle fait face aux jugements, à leur force. Elle l’a voulu cet enfant, qu’elle assume, qu’elle ne se plaigne pas. Reflet d’une société où l’empathie de l’autre se fait rare, on est révolté pour elle, avec elle. On s’énerve de cette avocate qui semble tenir une clef pour améliorer son quotidien, mais qui lui demande plusieurs centaines d’euros, qu’on devine qu’elle n’a pas. De cette auxiliaire de crèche, qui lui demande de s’organiser pour assister à cette réunion, parce que non les enfants ne sont pas autorisés. De ce patron, qui lui rappelle qu’elle n’est pas la seule à être maman, comment font les autres ? Tenir jusqu’à l’aube, c’est un court roman qui se lit d’une traite. Un coup de poing tant il est le reflet d’une réalité. À lire pour cette vérité sur une situation bien souvent vécue. Il est en librairie depuis le 16 août, publié aux éditions @editions_gallimard ! 📷

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